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Mes premiers pas Ma transformation a commencé un certain soir de pleine lune (hooooo) où j’ai regardé cet astre fabuleux avec les jumelles 7x50 de mon père. J’avais alors environ 7 ans à cette époque. C’est après avoir visité l’observatoire du Mont-Mégantic, lors d’une activité organisée par l’école primaire que je fréquentais, que je suis vraiment devenu accro. Je ne manquais jamais une occasion d’aller observer chez un proche voisin plus vieux qui possédait une « gigantesque » lunette astronomique (relativement aux jumelles, bien sûr). Après plusieurs années d’observation avec des jumelles, un bon ami (merci Joël D.) m’a vendu au début des années 90 ce qui allait devenir mon premier vrai télescope : une lunette Tasco de 60mm avec monture Alt-Azimutale.
C’est en 2001 que je fis l’acquisition du Mitsar TAL-1, un Newton russe de 4,5’’ avec une monture équatoriale allemande (merci Denis V.). Je me rappelle de cette fameuse soirée d’hiver où j’avais aperçu la Lune au dessus de l’horizon par la fenêtre de la salle de bain. Je m’empressai donc de transporter mon Mitsar dans cette pièce afin d’en faire les premiers essais (du télescope, pas de la pièce). Je commençais à peine à explorer les performances optiques incroyables de ce tout nouvel instrument que je me suis demandé s’il était possible d’immortaliser ce moment simplement en alignant mon appareil photo numérique en face de l’oculaire. Je me disais alors « si je suis capable de le voir avec mes yeux, pourquoi je ne serais-je pas capable de le photographier ? ». Ne m’attendant pas vraiment à obtenir de résultat, ce fut littéralement un choc. J’étais alors atteint d’une ‘’astrophotographite’’ aigue, ce mal incurable et dégénératif que je devrai apprendre à surmonter jusqu’à la fin de mes jours. Ma première photo astronomique
Lune - 28 février 2001 : Mitsar TAL-1, projection par oculaire 25mm
Malgré sa simplicité remarquable, cette technique que j’ai utilisée durant 2 ans s’est avérée plutôt performante pour des objets lumineux à faible grossissement, tels que la Lune et le Soleil.
Lune - 19 juin 2002 (gauhe) : Barlow 3X, projection par oculaire 25mm Cependant, après avoir fait des essais répétés sur Jupiter, Saturne, la nébuleuse d’Orion (M42) et sur la galaxie d’Andromède (M31) en guidage manuel par le chercheur, mon découragement n’avait d’égal que mon envie de mettre ma caméra et mon télescope dans leurs boîtes d’origine. Quoi, il faut bien évoluer !!! Je n’ai jamais dit que j’allais abandonner.
Saturne et jupiter - 26 août 2001
Système de guidage de type Mel Bartel Pour améliorer mes résultats, j’avais un méga problème à résoudre : La planète terre tourne !!!!! Ne pouvant remédier à ce problème directement à la source, j’ai décidé d’opter pour une solution plus prometteuse, soit de fabriquer un système de guidage pour mon bon vieux Mitsar. C’est en fouinant sur Internet que je suis tombé la première fois sur système de guidage Mel Bartel. Quelques clics, un moteur pas à pas (step motor) de lecteur de disquette 5,25’’ de Commodore 64, des heures et des heures dans mon atelier et un système de guidage était né. Les premiers essais avec ce nouveau système ont montré une nette amélioration pour les planètes à très fort grossissement.
Mars - 27 juillet 2003 Des améliorations notables ont également été remarquées au niveau de M31 et M42, mais même après plusieurs années, j’éprouve encore une petite gêne pour les montrer au grand public. Entre temps, je suis tombé sur une aubaine : un Celestron C9.25 avec monture EQ-5 que j’ai par la suite motorisé. Mon bon vieux Mitsar, malgré son optique et sa qualité de fabrication russe impressionnante est devenu la pièce maîtresse de décoration de mon bureau. Modification d’une webcam Philips Toucam Pro En magasinant une solution sur Internet pour satisfaire encore cette sournoise envie d’évolution, je suis tombé sur des photographies vraiment incroyables de planètes et d’objets Messiers prises par des astronomes amateurs. À ma grande surprise, ces dernières n’avaient pas été réalisées à l’aide de caméras à 10 000$, mais bien à l’aide de simples Webcams. Le hic, un bricolage du type intervention chirurgicale au cerveau est nécessaire pour faire une caméra astronomique pour le ciel profond (longue exposition). Le choix de la Toucam de Philips s’est imposé de lui-même après avoir visité le site Qcuiag dans la section FAQ (lien : http://www.qcuiag.co.uk/). La Toucam était cotée AAAAA, alors pourquoi acheter la AAAA qui se trouve pratiquement au dépanneur du coin? Mes recherches auprès des fournisseurs Canadiens et Américains n’ont pas été fructueuses : La précieuse caméra n’était pas disponible en Amérique du Nord à cette époque. J’ai donc du procéder à environ 3 commandes par Internet chez nos cousins Français afin de trouver enfin un minuscule revendeur qui acceptait de me livrer ce si convoité produit. Après deux mois de recherche et d’attente, je recevais enfin ma Toucam. Durant la période d’attente de livraison, je m’étais pratiqué de façon sérieuse à défaire les soudures de pattes de circuits intégrés (les plus miniatures possible) sur des cartes vidéo désuètes. Cependant, ma mâchoire inférieure s’est décrochée lorsque j’ai vu le fameux circuit intégré NEC D16510. Philips Toucam pro - en pleine chirurgie
À l’aide d’une loupe, d’une aiguille et la pointe de mon fer à souder préalablement aiguisée avec un lime, je suis finalement parvenu à soulever les légendaires 3 pattes du circuit. Aujourd’hui, quand j’explique cette opération à des copains, je la compare à celle de vouloir soulever un spaghetti avec deux bâtons de baseball. Ceux qui l’ont essayé sont certainement entrain d’esquisser un sourire. Photo Toucam montée avec câbles Le jeu en valait la chandelle. Le contraste et la sensibilité de cette petite caméra, combiné avec la technique d’alignement et de moyenne d’images m’ont permis d’améliorer ‘’légèrement’’ mes résultats précédents. Mars n’était désormais plus une simple boule picotée avec une tache blanche.
Mars - 10 octobre 2003 J’ai également testé à quelques reprises la fonction ‘’longue exposition’’ pour laquelle j’avais tant transpiré. Les résultats se sont avérés quand même acceptables pour le ciel profond malgré le fait que la Toucam possède un très petit capteur.
M13 - 1 aout 2004 (gauhe) : Moyenne de 134 images de 10 sec
Le remplacement de mon barlow 3X Chinois par un nouveau Powermate 2.5X de Televue m’a fait réaliser qu’il était préférable d’économiser plus longtemps et d’opter pour la qualité pour ce genre d’équipement (barlow et réducteur de focale). Croyez-moi, j’étais sur le point de remplacer mon Celestron à cause de problèmes d’aberrations chromatiques pour le planétaire.
Derniers développements En fin d’année 2004, j’ai remplacé ma monture équatoriale EQ-5 par une EQ-6 Skyscan qui est beaucoup mieux adaptée pour le poids de mon Celestron C9.25. J’ai retourné la télécommande de cette monture un mois plus tard en Colombie Britannique afin d’y faire la mise à jour pour la PEC (Periodic Error Correction). Cette monture massive et solide a diminué énormément les vibrations et par le fait même augmenté considérablement la qualité de mes photos planétaires à fort grossissement. Mon goût croissant pour le ciel profond m’a fait encore dépenser dernièrement. Je me suis procuré un DSLR Canon Rebel (300d), une petite lunette 80ED pour faire du plus grand champ ainsi qu'un télescope Intes-Micro MN65. L’ensemble formé par ces nouveaux équipements ainsi que mon bon vieux Celestron me donne enfin la versatilité et la mobilité que je cherchais. Pour l’instant, je demeure en ville et j’ai besoin d’équipements transportables pour quitter ce monde de fous où il fait jour même en pleine nuit. Mon projet à moyen terme est de me construire un petit observatoire sous un ciel étoilé à l’extérieur de la ville. Après tout, « sky is the limit » !!!! J’espère que cette histoire de passionné a su rappeler des souvenirs aux plus expérimentés d’entre vous et servira à encourager ceux qui débutent dans le domaine. Bon ciel à tous, Mario Bellegarde
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